jeudi 2 mai 2013

Module 2, section 6


Jusqu’à présent, cette section fut ma préférée même si c’est la plus longue. Nous en avions déjà discuté un peu en classe, mais je trouve qu’il est important d’approfondir nos connaissances sur le sujet étant donné qu’il est question de la mort au Canada français.

En premier lieu, j’ai bien aimé le tableau portant sur la durée du deuil. Il est intéressant de voir comment les individus sont distribués dans chaque catégorie dépendamment de quel membre de leur famille ils ont perdu. Cependant, je ne suis pas certaine de comprendre ce qu’est le demi-deuil et ses tissus fantaisie. Est-ce la période suivant le grand deuil ou est-ce que je suis dans le champ?

En deuxième lieu, en prenant connaissance de l’ensemble des diverses étapes du rituel funéraire chez les Canadiens français, certaines questions me sont venues à l’esprit... L’arrêt des horloges? Lorsque quelqu’un mourait, est-ce que nous arrêtions vraiment toutes les horloges? Je n’étais pas au courant de cela. Aussi, lorsqu’on parle de la pratique du charivari, en quoi consiste cela exactement? Je suis allée voir sur Internet, mais je n’ai pas vraiment trouvé de réponse claire à ma question. En outre, est-ce que la seule raison justifiant le port du deuil était d’éviter les remariages? Cela serait très difficile à croire. Quelles sont les autres? D’ailleurs, je me demande quels règlements devaient respecter les individus durant cette période. Il serait intéressant d’avoir divers exemples.

En troisième lieu, en ce qui concerne l’avenir du corps du défunt, je comprends tout à fait lorsque l’on
mentionne que toutes les cultures souhaitent éviter la vue de la putréfaction du corps de l’un de leurs membres. En effet, je me vois mal avoir à faire face à un corps en décomposition, surtout s’il s’agit d’un de mes proches. Pour ce qui est des rites funéraires dans le cas où les individus étaient en mer et traversaient l’Atlantique pour s’établir sur un nouveau continent, je suis restée surprise. Étant donné qu’il leur était impossible de conserver le corps sur le bateau, ils attachaient une grosse pierre ou un boulet de canon au pied du défunt et le lançaient à la mer. D’une façon, je trouve dommage qu’ils aient besoin de poser un tel geste, mais je comprends aussi pourquoi ils le faisaient. Il est facile d’imaginer ce qui se serait passé dans le cas contraire...


En quatrième lieu, j’ai trouvé très intéressant de voir comment les cimetières sont devenus ceux que l’on connait aujourd’hui. J’ai retenu cinq points :

1) Lorsque les individus sont arrivés sur la nouvelle terre, ils avaient un important travail à accomplir, à savoir l’appropriation et la domestication de l’espace. Au fil du temps, la population augmente, mais puisqu’il n’y a aucune institution sociale et religieuse bien établie, les personnes souffrent d’un certain manque d’encadrement. Puisqu’il n’y a toujours pas de cimetières, on inhume les défunts un peu partout, le long du chemin, près d’un arbre, sur son domaine, etc. Certaines personnes trouvent cela difficile à vivre, mais doivent se faire à l’idée.

2) Une fois des églises construites, les curés des nouvelles paroisses demandent l’exhumation de plusieurs des corps inhumés un peu partout. On les enterre dans les cimetières catholiques consacrés, établis tout à côté des églises.


3) Pour que ces derniers préservent leur caractère sacré, ils sont clôturés. On contrôle les allées et venues des passants puis on y empêche la circulation d’animaux, les assemblées, la plantation d’arbres, etc. On détermine aussi qui sera enterré dans le cimetière, et ce, à partir de l’appartenance religieuse de l’individu, de motifs politiques et de raisons de moralité. À mon avis, pour un Dieu qui est censé tous nous aimer de façon égalitaire, sans juger, ce n’est pas fort fort...

4) Au début, les morts sont inhumés de façon anonyme, sans inscriptions ni localisation précise, parfois dans des fosses communes, où de simples croix en bois sont placées. Une zone est réservée pour les membres du clergé et les enfants de moins de 7 ans (bon), une autre pour les pauvres (moins bon) et une autre pour les diverses catégories d’exclus (encore moins bon). C’est seulement plus tard qu’il y aura un mouvement de réintégration de tous les morts, et ce, sans ségrégation géographique. Dieu merci!

4) Par la suite, un discours hygiéniste se développe; on tente d’assurer la santé publique. On procède à la translation des anciens cimetières à la périphérie des villes et des villages puis on établit les cimetières des nouvelles paroisses dans cette région. Ainsi, les eaux potables ne peuvent pas être contaminées par le drainage du terrain, et l’on évite les cas de contagion et les odeurs déplaisantes.

5) On assiste à une individualisation des cimetières, qui sont de moins en moins une propriété communautaire. On place des épitaphes de plus en plus permanentes, ce qui empêche, en partie, la levée des cimetières. Une « idéologie de conservation » est adoptée; on peut maintenant acheter un lot afin de rendre un culte plus individuel à l’être cher, ce qui laisse place à la personnalisation. Grâce à cela, les morts possèdent encore une certaine forme d’existence, à savoir un nom, un statut social, un visage... Ainsi, les vivants peuvent toujours communiquer avec les défunts. Selon moi, ce dernier point est le plus important. Tout ce mouvement évolutif aura au moins amené quelque chose de bon. Nous sommes plus libres de rendre hommage à la personne que nous aimions et grâce à cet espace bien à lui, il nous est possible, d’une certaine façon, de faire revivre le défunt dans notre coeur.

J’ai trouvé les photos de Luc vraiment pertinentes. L’image qui m’a le plus marquée est celle qui présente un testament, texte auparavant considéré comme un « passeport pour l’éternité ». Le défunt, dans son testament, recommandait son âme à Dieu afin d’avoir sa place au Paradis. Est-ce que tout le monde le faisait ou est-ce que certains individus étaient réticents à cette idée et refusaient? Notre testament étant, en quelque sorte, nos derniers souhaits, je trouverais dommage que l’on se sente forcer d’écrire quelque chose en quoi l’on ne croit pas véritablement...

3 commentaires:

  1. Pour quelqu'un qui disait trouver difficile l'exercice de réagir à la lecture du livre, tu as très bien réussi ici en tout cas...

    On va décidément reparler du tableau sur le deuil et tu poses, à ce sujet et au sujet des diverses étapes des rites, d'excellentes questions sur lesquelles il faudra aussi revenir.

    Finalement, tu fais une belle synthèse de l'histoire des cimetières au Canada français, histoire qui débouche sur l'idée de personnalisation. Avec cette idée, tu devances une thématique qui sera très importante, même centrale, un peu plus loin dans la progression du cours.

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  2. Je suis d'accord avec toi, à date, c'est aussi ma partie préféré... Je suis d'accord de la façon que tu a résumé les 5 parties! J'aime tes réflexion aussi!

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  3. Je trouve ta réflexion très intéressante. Elle me fait comprendre un peu plus le déroulement de l'évolution des cimetières. Je n'avais pas pensé à la communication avec les défunts à cause de la personnalisation. Tu as raison cela est très important. C'est vrai, s'il n'avait pas de nom, l'on ne pourrait pas vraiment aller visiter les défunts et prier pour eux. Belle réflexion!

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