Jusqu’à présent, cette section fut ma
préférée même si c’est la plus longue. Nous en avions déjà discuté un peu en classe,
mais je trouve qu’il est important d’approfondir nos connaissances sur le sujet
étant donné qu’il est question de la mort au Canada français.
En premier lieu, j’ai bien aimé le tableau
portant sur la durée du deuil. Il est intéressant de voir comment les individus
sont distribués dans chaque catégorie dépendamment de quel membre de leur
famille ils ont perdu. Cependant, je ne suis pas certaine de comprendre ce
qu’est le demi-deuil et ses tissus fantaisie. Est-ce la période suivant le
grand deuil ou est-ce que je suis dans le champ?
En deuxième lieu, en prenant connaissance
de l’ensemble des diverses étapes du rituel funéraire chez les Canadiens
français, certaines questions me sont venues à l’esprit... L’arrêt des
horloges? Lorsque quelqu’un mourait, est-ce que nous arrêtions vraiment toutes
les horloges? Je n’étais pas au courant de cela. Aussi, lorsqu’on parle de la
pratique du charivari, en quoi consiste cela exactement? Je suis allée voir sur
Internet, mais je n’ai pas vraiment trouvé de réponse claire à ma question. En
outre, est-ce que la seule raison justifiant le port du deuil était d’éviter
les remariages? Cela serait très difficile à croire. Quelles sont les autres?
D’ailleurs, je me demande quels règlements devaient respecter les individus
durant cette période. Il serait intéressant d’avoir divers exemples.
En troisième lieu, en ce qui concerne
l’avenir du corps du défunt, je comprends tout à fait lorsque l’on
mentionne
que toutes les cultures souhaitent éviter la vue de la putréfaction du corps de
l’un de leurs membres. En effet, je me vois mal avoir à faire face à un corps
en décomposition, surtout s’il s’agit d’un de mes proches. Pour ce qui est des rites
funéraires dans le cas où les individus étaient en mer et traversaient
l’Atlantique pour s’établir sur un nouveau continent, je suis restée surprise.
Étant donné qu’il leur était impossible de conserver le corps sur le bateau,
ils attachaient une grosse pierre ou un boulet de canon au pied du défunt et le
lançaient à la mer. D’une façon, je trouve dommage qu’ils aient besoin de poser
un tel geste, mais je comprends aussi pourquoi ils le faisaient. Il est facile
d’imaginer ce qui se serait passé dans le cas contraire...
En quatrième lieu, j’ai trouvé très
intéressant de voir comment les cimetières sont devenus ceux que l’on connait
aujourd’hui. J’ai retenu cinq points :
1) Lorsque les individus sont arrivés sur
la nouvelle terre, ils avaient un important travail à accomplir, à savoir l’appropriation
et la domestication de l’espace. Au fil du temps, la population augmente, mais
puisqu’il n’y a aucune institution sociale et religieuse bien établie, les
personnes souffrent d’un certain manque d’encadrement. Puisqu’il n’y a toujours
pas de cimetières, on inhume les défunts un peu partout, le long du chemin,
près d’un arbre, sur son domaine, etc. Certaines personnes trouvent cela
difficile à vivre, mais doivent se faire à l’idée.
2) Une fois des églises construites, les
curés des nouvelles paroisses demandent l’exhumation de plusieurs des corps
inhumés un peu partout. On les enterre dans les cimetières catholiques
consacrés, établis tout à côté des églises.
3) Pour que ces derniers préservent leur
caractère sacré, ils sont clôturés. On contrôle les allées et venues des
passants puis on y empêche la circulation d’animaux, les assemblées, la
plantation d’arbres, etc. On détermine aussi qui sera enterré dans le cimetière,
et ce, à partir de l’appartenance religieuse de l’individu, de motifs
politiques et de raisons de moralité. À mon avis, pour un Dieu qui est censé
tous nous aimer de façon égalitaire, sans juger, ce n’est pas fort fort...
4) Au début, les morts sont inhumés de
façon anonyme, sans inscriptions ni localisation précise, parfois dans des
fosses communes, où de simples croix en bois sont placées. Une zone est
réservée pour les membres du clergé et les enfants de moins de 7 ans (bon), une
autre pour les pauvres (moins bon) et une autre pour les diverses catégories
d’exclus (encore moins bon). C’est seulement plus tard qu’il y aura un
mouvement de réintégration de tous les morts, et ce, sans ségrégation
géographique. Dieu merci!
4) Par la suite, un discours hygiéniste se
développe; on tente d’assurer la santé publique. On procède à la translation
des anciens cimetières à la périphérie des villes et des villages puis on établit
les cimetières des nouvelles paroisses dans cette région. Ainsi, les eaux
potables ne peuvent pas être contaminées par le drainage du terrain, et l’on évite
les cas de contagion et les odeurs déplaisantes.
5) On assiste à une individualisation des
cimetières, qui sont de moins en moins une propriété communautaire. On place
des épitaphes de plus en plus permanentes, ce qui empêche, en partie, la levée
des cimetières. Une « idéologie de conservation » est adoptée; on
peut maintenant acheter un lot afin de rendre un culte plus individuel à l’être
cher, ce qui laisse place à la personnalisation. Grâce à cela, les morts
possèdent encore une certaine forme d’existence, à savoir un nom, un statut
social, un visage... Ainsi, les vivants peuvent toujours communiquer avec les
défunts. Selon moi, ce dernier point est le plus important. Tout ce mouvement
évolutif aura au moins amené quelque chose de bon. Nous sommes plus libres de
rendre hommage à la personne que nous aimions et grâce à cet espace bien à lui,
il nous est possible, d’une certaine façon, de faire revivre le défunt dans
notre coeur.
J’ai trouvé les photos de Luc vraiment
pertinentes. L’image qui m’a le plus marquée est celle qui présente un
testament, texte auparavant considéré comme un « passeport pour l’éternité ».
Le défunt, dans son testament, recommandait son âme à Dieu afin d’avoir sa
place au Paradis. Est-ce que tout le monde le faisait ou est-ce que certains
individus étaient réticents à cette idée et refusaient? Notre testament étant,
en quelque sorte, nos derniers souhaits, je trouverais dommage que l’on se
sente forcer d’écrire quelque chose en quoi l’on ne croit pas véritablement...



Pour quelqu'un qui disait trouver difficile l'exercice de réagir à la lecture du livre, tu as très bien réussi ici en tout cas...
RépondreSupprimerOn va décidément reparler du tableau sur le deuil et tu poses, à ce sujet et au sujet des diverses étapes des rites, d'excellentes questions sur lesquelles il faudra aussi revenir.
Finalement, tu fais une belle synthèse de l'histoire des cimetières au Canada français, histoire qui débouche sur l'idée de personnalisation. Avec cette idée, tu devances une thématique qui sera très importante, même centrale, un peu plus loin dans la progression du cours.
Je suis d'accord avec toi, à date, c'est aussi ma partie préféré... Je suis d'accord de la façon que tu a résumé les 5 parties! J'aime tes réflexion aussi!
RépondreSupprimerJe trouve ta réflexion très intéressante. Elle me fait comprendre un peu plus le déroulement de l'évolution des cimetières. Je n'avais pas pensé à la communication avec les défunts à cause de la personnalisation. Tu as raison cela est très important. C'est vrai, s'il n'avait pas de nom, l'on ne pourrait pas vraiment aller visiter les défunts et prier pour eux. Belle réflexion!
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