Je dois avouer que j’ai trouvé cette partie du livre un peu plus
difficile à lire que les précédentes. On joue beaucoup avec les mots et ça
devient parfois complexe en raison des structures de phrases et du style
littéraire, surtout pour ce qui est des citations! On arrive tout de même à en
tirer quelque chose, bien entendu!
Dans cette section, on met beaucoup l’accent sur le
symbolique. En effet, lorsqu’il est question de rites funéraires, rien n’est
seulement fonctionnel, matériel et concret; tout est figuratif et relatif à
chaque individu. Il n’est pas question de la réalité, mais de l’imaginaire et
de ce que nous avons créé collectivement. Grâce aux nombreux symboles reliés
aux mythes et grâce aux signes collectifs, les individus peuvent communiquer
avec ce qui leur est invisible, indicible, irreprésentable et absent, comme
mentionné dans le livre. Ces symboles permettent aux gens de s’exprimer et d’affronter
la mort, et ce, sans que ce soit à travers de la parole (étant donné que l’on
demeure souvent sans mots devant cette dernière). Ainsi, les rites invitent les
individus à faire face à la situation plutôt qu’à l’éviter, à la refouler ou à
la nier. Comme mentionné dans les autres sections, le rite funéraire permet
aussi à l’individu d’obtenir ses propres réponses à ses questionnements,
d’avoir un certain contrôle sur la situation, de communiquer avec soi, avec les
autres vivants ainsi qu’avec le/les défunts, et d’accepter plus aisément l’idée
selon laquelle la vie a une fin.
« Culturellement, on ne peut rester coi, mais,
individuellement, on est sans mot. »
Cette citation m’apparait très vraie après ce que nous avons
vu en classe jusqu’à maintenant. Les rites sont vécus en groupe, en communauté.
Sans communication, ils ne sont rien, ils n’existent pas (communication
verbale, non verbale, symbolique, physique...) Comment faire face à la mort d’un
être aimé ou même à la mort tout court, et comment affronter cette dernière et
l’intégrer à notre monde si l’on est seul? Assez compliqué... Selon moi, il
serait extrêmement difficile, voire impossible, d’accepter la mort comme étant
une vérité humaine si l’on n’a personne à nos côtés avec qui partager
l’expérience.
« Le rite funéraire harmonise la vie et la mort dans
une fragile tension ». En effet, on bâtit ici un pont imaginaire entre la
vie et la mort. On parvient à accepter le décès de l’être cher en faisant un
compromis, à savoir son passage vers une autre vie, sous une autre forme, que
ce soit à travers Dieu, le paradis, le double, l’âme, etc.
Je ne suis pas certaine de comprendre lorsqu’on fait
référence à l’idée selon laquelle le rite permet un ralentissement autour de
l’événement, et donc que la notion du temps n’est plus la même... Vraiment?
Est-ce une notion abstraite ou...? Parce que je n’ai jamais eu cette
impression...
Pour résumer, il y a cinq éléments nécessaires au
fonctionnement efficace du rite funéraire :
— moyens techniques (décor, mise en scène)
— contenu symbolique, signes (tel qu’expliqué ci-dessus)
— rapport au temps modifié (?)
— des officiants (prêtre?) et des participants qui sont
présents pour les bonnes raisons (thérapie universelle pour les vivants)
— rapport avec le sacré, avec une forme de transcendance
« Si les hommes
utilisent les rites depuis si longtemps, ce n’est pas nécessairement par une
étrange faiblesse d’esprit, mais peut-être parce que certaines des réalités
humaines ne se montrent pas facilement d’une autre manière. » Maurice Gruau
Cela me fait beaucoup réfléchir. En effet, s’il n’y avait
pas les rites, qu’est-ce qu’il y aurait? Comme on le dit dans le livre, les
rites, cette ruse face à la mort, « fonctionne » depuis cent
millénaires... Est-ce qu’il pourrait y avoir quelque chose de mieux? Si oui,
quoi par exemple?
« Parler de la mort, c’est la faire vivre, c’est lui donner
une réalité, c’est la sortir du grand vide. Pour parler de la mort, il faut des
signes. » C’est ceux-ci que nous étudions, car ce sont ces symboles qui donnent
un sens aux rituels funéraires. Donc, continuons!


Je suis d'accord qu'on met beaucoup notre accent sur le symbolique dans cette section. J'aime vraiment comment tu as intégré tes images, c'est très pertinent. Moi aussi je ne suis pas certaine de comprendre le principe de notion de temps. Peut être que cette notion change? Ou encore.. c'est peut être juste un mythe. J'aime comment tu as finit ton post par une citation du livre, j'ai parler de cette citation moi aussi! C'est certainement les symboles qui donnent sens aux funéraire et tout autres rites!
RépondreSupprimerLa compréhension et la manipulation de tout ce qui est symbolique demande, il est vrai, un effort important. En effet, on demande aux symboles de suppléer aux mots et aux gestes quand on se trouve devant des réalités ou des sentiments qui nous dépassent. Comme je le dis dans le livre avec l'aide de certains auteurs, la force paradoxale des symboles tourne autour du fait qu'ils ne nous disent jamais tout (ils n'en sont pas plus capables que les mots), mais ils évoquent juste assez, ils «flirtent» juste assez avec le sens de ce qui nous arrive et avec le monde des croyances, pour nous permettre de reprendre un peu le contrôle sur ce qui nous arrive ou au moins de reprendre pied de façon minimale. Les symboles donnent à l'imaginaire la capacité d'affronter le réel atroce et de lui tenir un peu tête. Quand l'anthropologue Marcel Mauss disait que c'était la mort qui avait appris aux humains à parler, je suis pal mal certain qu'il faisait allusion à la manipulation des symboles plus qu'aux mots...
RépondreSupprimerTu te questionnes aussi sur la question du rapport au temps qui serait modifié. Pour que le rite fonctionne, il doit nous amener ailleurs, nous sortir du réel ou du quotidien, au moins pendant un temps. Dans ce laps de temps, nos relations sociales ne fonctionnent plus tout à fait selon les mêmes principes, nous nous dirigeons vers des lieux différents pour poser des gestes différents et pour entrer dans nos émotions d'une façon différente et publique en plus.
Dernière chose, quand je parle des officiants dans cette section, je parle effectivement des prêtres qui dirigent les cérémonies, mais aussi possiblement d'autres personnes qu'on commence à voir apparaître sur la scène rituelle comme des consultants funéraires, des directeurs funéraires (à qui on demande de jouer ce rôle en particulier quand les cérémonies ont lieu à l a chapelle du salon), ou même des amis ou membres de la famille (qui peuvent jouer ce rôle dans des funérailles laïques).
Très belle entrée de blogue en passant!